sábado, 12 de noviembre de 2011

CANADA: Logement pour les familles inuit

En février dernier, une lettre («Le manque de logements au Nunavik: Les gouvernements savent») dénonçait l'inertie des gouvernements dans ce dossier. Elle demandait qu'ils reconnaissent le besoin urgent de nouveaux logements dans les villages inuit et qu'ils passent à l'action. Le manque criant de logements engendre un surpeuplement des habitations ce qui constitue un risque permanent à l'égard de la sécurité et de la santé des enfants. Le surpeuplement est un élément toxique dans la vie de milliers de parents et d'enfants inuit. Selon les résultats préliminaires dont nous disposons, le surpeuplement augmente de deux à trois fois la probabilité qu'apparaisse une situation de négligence grave au dossier des enfants signalés à la protection de la jeunesse, que ce soit en milieu inuit, autochtone ou allochtone. Les enfants de milieux autochtones signalés à la protection de la jeunesse sont au moins trois fois plus nombreux à vivre ces situations de surpeuplement.

Le manque de logements décents est une atteinte directe aux droits fondamentaux des enfants (Convention internationale des droits de l'enfant, ONU: 20 novembre 1989). Dans son dernier rapport datant du mois de septembre 2010, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec constatait que les communautés déployaient de nouveaux efforts méritoires à l'égard de la protection de leurs enfants, mais que la question du manque de logements demeurait entière. Elle s'en inquiétait à nouveau après avoir tiré la sonnette d'alarme en 2007 à la suite d'une enquête longue de cinq ans sur le territoire inuit.

L'ajout de 840 logements ne répond pas entièrement aux besoins évidents des familles inuit: si le projet annoncé par le gouvernement se concrétise vraiment, il manquera encore 500 logements. En effet, 340 des nouveaux logements sont inscrits dans le renouvellement de l'entente Québec-Ottawa-Kativik pour faire face à l'augmentation démographique courante. Le gouvernement du Québec en ajoute 500 autres de sa propre initiative dans le Plan Nord pour répondre à des besoins non comblés dans les ententes antérieures, besoins qui se chiffrent à 1000 logements. Il déclare entreprendre aussi des négociations pour la construction de 500 logements supplémentaires avec le fédéral. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement majoritaire Harper.

Par ailleurs, soulignons-le à gros traits, ces logements annoncés doivent être réellement construits. Et ils doivent être réservés aux familles inuit; il sera tentant de les mettre aussi à la disposition des travailleurs du Sud en besoin d'hébergement, mais cela relève de la responsabilité du secteur privé.

Enfin, au-delà de la quantité de logements, leur qualité représente aussi un enjeu important. L'architecture et la distribution spatiale de ces logements doivent témoigner des pratiques culturelles des Inuits. À cet égard, l'occasion est belle d'offrir aux Inuit l'accès immédiat à une formation professionnelle dans les métiers de la construction et de la rénovation de façon à ce qu'ils deviennent enfin les concepteurs et les bâtisseurs de leurs maisonnées. Des impacts économiques, sociaux et culturels sont fortement liés à ce potentiel encore sous exploité.

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